Premières lignes (177)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Morsures Interdites », écrit par S.L Pennyworth et édité chez Juno Publishing !

« Je regarde le plan qu’ils m’ont donné en arrivant. Je savais que je devais faire la visite guidée cet été…Mais je devais travailler et je n’ai pas pu avoir de jours de congé. Si je veux financer mes études et ne pas me traîner un crédit jusqu’à mes cinquante ans, j’ai pas le choix. J’observe les allées du campus. Elles se ressemblent toutes. Des bâtiments gothiques, des parterres d’herbe bien entretenus, un banc ici et là et des étudiants qui tuent le temps entre deux cours. Je pourrais demander mon chemin, mais…J’ai pas envie qu’on se foute de ma gueule. On connaît tous ce qui arrive aux nouveaux. Je parle pas des bizutages, hein. Juste de l’humiliation classique qui me collera tout au long de l’année. Dans le meilleur des cas. Franchement, j’ai pas besoin de ça. Surtout que je dénote assez, moi, le fils de pauvre parmi tous ces gosses de riche. Malcolm, tu débloques, me morigéné-je. Je sais très bien que tout le monde n’est pas pété de thunes dans cette faculté. Ce n’est pas comme si j’avais intégré Harvard ou Princeton. C’est juste l’Université de Washington à Seattle. De toute manière, pour un loup-garou comme moi, c’était l’unique choix dans tout l’État. Aucune autre école n’accepte les métamorphes. Je crois même qu’elle fait partie des très rares académies constituées à trente pour cent de créatures surnaturelles. Même si j’ai bien senti les humains sur le trajet, mon odorat est saturé d’effluves divers et variés. Je regrette encore davantage mon petit coin perdu dans les montagnes de l’Olympic National Park. Je soupire pour me sortir de la tête les images de ma sœur en train de me faire ses adieux lors de mon départ. Toute la fierté de son regard sur son grand frère parti pour devenir un adulte. Elle n’a que deux ans de moins que moi, termine le lycée avec brio, mais a décidé de ne pas aller à l’université, comme la plupart des membres de notre meute. Elle préfère cultiver la terre. Invoquer son image me recentre sur mon problème, trouver le bureau d’admission pour compléter mon inscription et choisir mon cursus. Je sais d’avance que j’opterai pour l’ingénierie civile et environnementale. Je n’ai pas encore sélectionné tous mes cours pour le premier semestre, je compte le faire directement sur place. J’ai une petite idée, faut juste que je voie si c’est possible. Je soupire alors que je reconnais un des bâtiments. Je suis déjà passé par là. Je tourne en rond depuis plus d’une heure. J’ai un bon sens de l’orientation dans une forêt, perdu entre des arbres et des rochers. Ici, au milieu du béton et du brouhaha des étudiants, je suis déboussolé. En désespoir de cause, je me décide à sortir mon téléphone portable pour ouvrir Google Maps qui me calculera un itinéraire. C’est con, mais ça fonctionne, alors je ne cherche pas trop à savoir. Tandis que la page se charge et alors que je finis par trouver une route qui m’annonce que je serai à ma destination dans quinze minutes, on me percute sur le côté. Avec violence. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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