La Rose et l’Épine – Alice Henry

Éditeur : Js

Date de sortie : 14 octobre 2026

Page : 380

Prix : 23€

La note de Julia : 10/10

Résumé

Survivre est la principale préoccupation de Rose, qui doit jongler entre sa vie de lycéenne harcelée, sa fibromyalgie et son titre de princesse du royaume bien trop lourd à porter. Elle oscille entre douleurs et moqueries et ni ses mères ni ses camarades, surtout pas ses camarades, ne comprennent réellement ce qu’elle traverse. Quand arrive au palais une famille d’artisans, elle voit son quotidien chamboulé par leur fille au caractère bien trempé, Gordafarid. Entre les deux lycéennes se noue rapidement une solide amitié et peut-être plus encore…Mais réussiront-elles à détruire les ronces qui hantent leur quotidien ?

L’avis de Julia

Un roman bouleversant de sensibilité !

Tout d’abord, merci aux éditions Js pour ce partenariat.

J’avais beaucoup aimé la force, autant que la douceur de cette couverture et j’ai été totalement charmée par son récit.

C’est dans un roman tout à fait atypique que nous allons plonger, à la fois contemporain à notre époque, il est d’ailleurs, en grande partie, des plus réalistes, mais il possède également quelques petites touches d’imaginaire, à l’image d’un conte, il recèle d’une part de fantastique, qui lui confère une poésie et un ton plus unique encore, dans une certaine réécriture de conte, dont le clin d’œil fera mouche. Pour autant, ce roman, c’est avant tout des sujets forts, d’une grande importance, notamment concernant la maladie, abordée avec une grande justesse, sans phare, sans fioritures, il montre à quel point le handicap est un véritable fardeau à porter, se sentir différent des autres, souffrir en silence, parce que personne ne peut comprendre l’intensité de vos douleurs et pire encore, que l’entourage ne vous croit pas. Parce que lorsque ça ne se voit pas, lorsque cette lutte constante pour faire face aux souffrances se joue surtout à l’intérieur de soi, il est difficile de faire comprendre à l’autre, d’autant plus lorsqu’une partie de vous peut aussi faire preuve d’un certain déni, parce qu’il faut du temps pour accepter, pour faire le deuil d’une vie que vous avez rêvée. C’est dans ce cadre, que nous faisons la connaissance de Rose, princesse héritière, orpheline de père, elle souffre de fibromyalgie, rendant son quotidien presque insupportable, d’autant plus lorsqu’elle doit mener de front, ses études et sa vie en royauté, mais sa rencontre avec Gordafarid va faire exploser cette vie déjà difficile, pour le meilleur ou pour le pire. J’ai été bouleversée par la plume d’Alice Henry, par sa sensibilité, par sa justesse, dans laquelle je me suis beaucoup reconnue, parce qu’il est toujours délicat de parler du handicap, mais elle le fait avec brio, sans cacher cette souffrance intime, mais aussi celle d’un entourage démuni face à la douleur d’un être cher, pour qui l’on ne peut rien faire. Mais plus encore que la maladie, elle saura aussi parler de culture, de ces grands-parents, parents, qui ont dû quitter un pays en guerre, pour survivre et des nouvelles générations, qui vivent dans ces traditions, sans jamais avoir connu ce pays, sans pouvoir parler la langue, qui grandissent avec un véritable manque au fond d’eux. Alors, l’histoire de Rose et Gordafarid c’est tout ça, deux destins bien différents, liés par des sentiments forts, qu’il sera pourtant difficile d’admettre, qui vont devoir traverser de terribles épreuves, vivre des instants à la fois réalistes, mais empreints d’un onirisme d’une beauté extraordinaire, parce qu’une histoire peut en comporter bien d’autres, la leur, celle de leurs parents, de leurs grands-parents, mais aussi celle du passé, qui impacte tant leur présent.

« Quelque chose en Rose se rompit, le son d’un os qui se casse, d’un élastique qui claque, d’une douleur, d’une fatigue et surtout, d’une colère trop longtemps enfouie. L’armure qu’elle portait depuis si longtemps tomba en morceaux. »

En bref : La Rose et l’Épine, c’est un roman bouleversant, aux multiples facettes, à la fois contemporain, mais également doté d’une part d’imagination, délicieusement poétique, elle saura manier le conte, de la plus belle des manières, pour entremêler la réalité, au fantastique, nous livrant un récit d’une émotion rare, mais surtout, d’une sensibilité extraordinaire dans ses sujets, qui sonnent incroyablement justes et qui nous touchent en plein cœur !

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