Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…
Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Et ils vécurent… », écrit par Steven Salvatore et édité chez Korrigan !

« Maman a toujours aimé les citations de bons films. C’est le bon moment pour m’éloigner. Finir sur une réplique de Lolita malgré moi drôle et joyeuse. Je leur envoie un baiser, prends une grande inspiration et me dirige vers la résidence. Je ne me retourne pas ni ne m’arrête de marcher avant d’être dans le couloir qui mène à ma chambre. Je ne peux pas. Si je m’arrête, je vais y retourner et elles seront parties. Elles sont déjà parties. Et je suis seul. Maintenant, c’est le moment où la plupart des gens feraient brailler la musique, se mettraient en boxer et mangeraient des Cheetos super épicées et de la crème glacée juste parce qu’ils peuvent le faire. Mais tout ce que je ressens, c’est le silence assourdissant du départ de Maman et Taylor. Une fois la porte de l’appartement verrouillée, je regarde autour de moi. La chambre sent légèrement l’eau de javel citronnée, merci Maman et son obsession de laver les salles de bains, un peu les copeaux de bois et les chaussettes sales. La pièce commune est austère, à l’exception d’un canapé inconfortable et de deux fauteuils du même acabit, dont les châssis ressemblent à des jeux de construction mais en bien moins colorés, et des gros coussins bleu-gris. Il y a un meuble télé sur le mur opposé. À chaque extrémité de la pièce commune, on trouve une porte qui donne sur une chambre pour deux personnes. Actuellement, cet appart semble vide. Désert. Si ce n’est le mini-frigo, les meubles que je viens de mentionner, un hybride micro-ondes-réfrigérateur et la dernière console PlayStation que mes colocataires ont décidé que je devais apporter. Retourner dans ma chambre, c’est comme pénétrer dans le merveilleux monde coloré de Walt Disney. La moitié de la pièce est couverte de posters de mes films d’animation préférés, de La Belle au Bois dormant à La Belle et la Bête en passant par Vaïana et L’Étrange Noël de Mister Jack du côté de Disney, mais aussi Spider-Man, Into the Spider-Verse, Spirit, l’Étalon des plaines, L’Étrange pouvoir de Norman et Coraline de studios indépendants plus expérimentaux. Je suis sûr que beaucoup de mes camarades du cours d’animation vont me traiter de corporate hacker qui rêve de travailler pour Disney un jour, mais ça m’est égal. L’autre moitié de la chambre est nue, pour le moment. Je me demande ce que mon camarade de chambre, Benigno, apportera de son côté. Il a mentionné sur la messagerie de l’Institut qu’il adore le football, et sa façon d’écrire est super virile, mais c’est aussi un immense fan d’Ariana Grande, alors qui sait ? Quand j’ai fait allusion au fait que j’étais gay dans la discussion du groupe de l’appart, mes trois futurs colocataires, Aaron, Xavier et Benigno, ont été super cools, même si ce dernier n’a pas dit grand-chose, ce qui m’a conforté dans l’idée que j’avais bien fait de ne pas mentionner que j’étais peut-être aussi non binaire. Ou queer, je ne sais pas trop. Je n’ai pas encore démêlé toutes les façons dont je me sens légèrement différent de tous les autres gars que je connais, et je n’ai pas vraiment pris de décision pour cette question de pronom. Après tout, pourquoi je ne pourrais pas juste utiliser il et être non binaire ? Quoi qu’il en soit, ce serait bien ma chance si Benigno se révélait être un mec hétéro-cis queerphobe avec un corps d’apollon. En m’arrêtant devant le miroir fixé à la porte coulissante du placard, j’essaie de ne pas détester chaque centimètre carré de ce que je vois. De cet angle, je ressemble à une boule de pâte à pain pas cuite, et…Non. C’est ce que mon ancienne psy m’a dit d’éviter. Ne comparez pas votre corps à de la nourriture. Au lieu de cela, concentrez-vous sur ce que vous aimez. D’accord. J’aime mes cheveux. Ils sont souples et ondulés. Mais euh…C’est tout ce que j’ai. D’autres pensées s’immiscent, tu es trop masculin et plein de bourrelets, mais pas assez viril pour être un vrai homme. Je frissonne en pensant au mot « homme » et à toutes les attentes qui y sont liées et que je ne comblerai jamais. Tu es brisé, disent les voix, gros, moche, pas assez non binaire, et…Non. Je ne peux pas continuer à penser comme ça. »
J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un œil et je vous dis à la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes…
J’ai entendu du bien de ce roman 🙂
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C’est bien pour ça qu’il me fait envie 😉
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Il pourrait me plaire ce roman 🙂
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Voilà qui me fait forcément plaisir 😍
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Ca me dit bien, comme lecture ! Merci pour le partage de ces premières lignes 🙂
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Avec grand plaisir ma belle !
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