Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…
Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Sortilèges et Malédictions », tome 1 de la série « Neverthorn », écrit par Shannon Mayer et édité chez Bookmark !

« Je n’étais qu’à quelques mètres de mettre la main sur la plus précieuse des pierres précieuses quand je sentis que ça tournait au vinaigre. Littéralement, une odeur nauséabonde d’œufs pourris me poussa à chercher en hâte une cachette dans le petit appartement. Ce fumet fétide était la marque distinctive d’un sort de liaison particulièrement louche. Il avait été lancé par un Lumineux à la noix pensant sans doute que j’étais trop stupide pour différencier la magie d’une fuite de gaz. Crétin. Je restai près du sol, me déplaçant lentement dans l’appartement du troisième étage qui n’était certainement pas le mien, agitant les doigts autour de mon corps pour me dissimuler dans les ombres. Était-ce la façon idéale de lancer ce sort en particulier ? Non. Mortellement efficace ? Tu peux le dire. En tous cas, tant que ma chance ne me lâchait pas, et que le sort ne me claquait pas entre les doigts. Impossible à tracer aussi, ce qui était plutôt pratique vu qu’il ne figurait pas sur la liste des sorts validés par le Sénat de Thaumaturgie. Rampant sur le ventre, je me glissai sous le bord à volants d’une housse de canapé fleurie qui devait avoir été fabriquée dans les années soixante-dix. Puis je retins mon souffle. Cela s’avéra être une sage décision, car je croisai juste sous mon nez le regard vide d’un rat momifié dont la peau tannée avait pratiquement fusionné avec le plancher. Je tournai la tête en grimaçant, guettant des pieds passant devant le canapé, me demandant à qui diable ils pouvaient bien appartenir. La vieille sorcière qui vivait à l’heure actuelle dans cet appartement était bien connue des cercles magiques, et tout le monde savait qu’elle était une collectionneuse avec de drôles d’habitudes. Contrairement à la plupart des sorcières, qui avaient tendance à s’installer dans des zones où se regroupaient les nôtres, Salem, Asheville, ou Triora en Italie, elle déménageait beaucoup, persuadée que quelqu’un en avait après son tas tout pourri de trésors. Elle emportait partout avec elle des sacs-poubelle pleins de bric-à-brac et brûlait régulièrement son domicile, insistant sur le fait que c’était le seul moyen de se purifier des esprits qui la suivaient. En bref, Agatha Daisy Faganello était une zinzin parmi les zinzins. »
À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !