Ce qui nous Tisse – Gaëlia

Éditeur : Js

Date de sortie : 3 juin 2026

Page : 344

Prix : 23€

La note de Julia : 9/10

Résumé

Nkauj Cheng avait un plan, intégrer son nouveau lycée d’art sans faire de vagues. Tête baissée, casque sur les oreilles, regard fuyant. Alex n’a pas lu le plan. Solaire, spontanée, impossible à ignorer, elle s’impose dans la vie de Nkauj Cheng avec une évidence qui fait presque peur. Entre elles, quelque chose se tisse. Un lien qu’on ne choisit pas vraiment, et qu’on ne peut plus défaire. Elles sont toutes les deux hmongs. Elles parlent la même langue, partagent les mêmes racines. Mais pas le même monde. Pour Alex, les traditions sont une histoire de famille lointaine. Pour Nkauj Cheng, elles sont le sol sous ses pieds, les fêtes du Nouvel An, l’honneur qu’on ne discute pas, l’avenir qu’on lui a déjà tracé en pointillés. S’approcher d’Alex, c’est peut-être s’éloigner de tout ce qui la tient debout. Mais aimer, n’est-ce pas justement apprendre à se tenir debout autrement ?

L’avis de Julia

Un roman aussi touchant que puissant !

Tout d’abord, merci aux éditions Js pour ce partenariat.

J’étais très curieuse de découvrir cette sortie, dont la couverture m’a complètement fait craquer et j’ai beaucoup aimé.

Si c’est incontestablement dans un roman Young Adult dans lequel nous allons plonger, notamment au regard de l’âge des protagonistes, c’est avant-tout un récit très fort de sujets importants que nous allons découvrir et c’est pour moi, ce qui en fait sa plus grande force, loin d’une simple romance, elle est beaucoup plus riche que ce que nous pouvions imaginer. C’est également une immersion complète dans la culture Hmong, si les jeunes que nous suivons représentent la première génération française, leurs parents sont ceux venus se réfugier dans notre pays, après différentes guerres et persécutions, alors, ils sont encore très ancrés dans les traditions, ainsi que dans leur culture, imposant à leurs enfants certains choix, pour une question d’honneur. Alors, même si notre regard occidental se trouve heurté par certains codes, il ne faut pas oublier de se mettre à leur place, pour pouvoir comprendre, même si les choses doivent incontestablement évoluer, qu’il est impossible d’accepter certaines méthodes, certaines obligations ou même certains idéaux, pour le moins sectaires, il faut également appréhender ces différences culturelles et la difficulté de changer des siècles d’héritage bien installé. C’est dans ce cadre, que nous faisons la connaissance d’Alex et Nkauj Cheng, adolescentes Hmongs, elles vivent pourtant leur culture très différemment, la première en été largement éloignée, la seconde vit malheureusement engluée dedans, alors, lorsque leur amour naît, elles ne se doutent pas que rien ne sera si simple entre elles. J’ai été absolument conquise par l’écriture de Gaëlia, si ses traits sont effectivement plus tournés vers un public jeune, elle saura néanmoins aborder des sujets extrêmement forts, qui viennent ajouter une réelle profondeur à son récit, pour nous faire partager bien plus qu’une jolie histoire d’amour adolescente, elle met des mots sur une situation, pour que d’autres puissent s’y identifier et y puiser de la force.

« Tout est cadenassé et dort au fond de moi. Si mon cœur ne peut appartenir à celle que j’aime alors à quoi bon le laisser émettre le moindre battement qui me rappelle la vie sans elle ? »

En bref : Ce qui nous Tisse, c’est un roman beaucoup plus fort que ce que nous pouvions imaginer, bien que les protagonistes soient jeunes, ils sont confrontés à l’intolérance de leur culture, eux pour qui elle est pourtant importante, eux pour qui elle représente une fierté, ils se trouvent soumis à des traditions archaïques, violentes et impensables de nos jours, mais leur amour va aussi permettre d’ouvrir les yeux à leur entourage, de faire comprendre qu’il faut parvenir à évoluer, tout en sachant conserver l’authenticité de leur culture !

Laisser un commentaire