Premières lignes (140)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « House of Ash and Shadow », tome 1 de la série « Gilted City », écrit par Leia Stone et édité chez Hachette !

« J’avais été abandonnée aux portes du village dans un minuscule panier, le cordon ombilical noué à la hâte sur mon nombril. À l’intérieur dudit panier, enfoui dans les replis de ma petite couverture, se trouvait un message de seulement quelques mots, « Ne la touchez pas. Elle est maudite. » Vous imaginez bien l’effet qu’eurent ces mots sur les habitants du village, ils furent saisis de panique. De quel genre de malédiction parlait-on, exactement ? Une malédiction qui tuerait quiconque me ramasserait ? Qui allait décimer leurs récoltes ? Provoquer une maladie semblable à l’épidémie de congestion pulmonaire, qui allait se répandre et tuer tout le village ? Personne ne voulut de moi. Je suis donc restée dans mon panier toute la nuit, à pleurer, jusqu’à ce qu’au petit matin, un jeune homme d’une vingtaine d’années s’avance sur le chemin. Un an plus tôt, sa femme avait été emportée par la congestion et ils n’avaient jamais eu d’enfants. Ils voulaient en avoir, mais elle était inféconde. Il ramassa mon panier sans la moindre hésitation. Comme la mort ne l’avait pas foudroyé, les villageois se rapprochèrent pour me regarder. Ce n’est qu’une enfant inoffensive, annonça-t-il. Je vais m’en occuper. Et quelle que soit cette malédiction, j’en assumerai les conséquences. Ce fut ainsi que mon père m’adopta. Il m’avait recueillie quand tous les autres m’avaient rejetée, terrifiés à l’idée de m’approcher. Il apprit bien vite qu’il ne fallait surtout pas entrer en contact avec ma peau car l’avertissement du message était à prendre au pied de la lettre. Ce qui était un plaisir pour tout le monde me provoquait une douleur insoutenable. Un simple contact avec ma peau revenait pour moi à être frappée par la foudre. Comme vous pouvez l’imaginer, changer les langes d’un bébé que l’on ne doit pas effleurer frôle l’impossible. Mon père avait porté des gants montant jusqu’aux coudes durant les cinq premières années de ma vie. Même s’il aurait tout fait pour endosser la malédiction à ma place, c’était mon fardeau à moi, et à moi seule. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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