Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…
Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Nos Destins Infinis », écrit par Laura Steven et édité chez Collection R !

« Le ruban qui leur liait les poignets était aussi rouge qu’une plaie. C’était la fin de Sólmánuður, le jour parfait pour un mariage. De rares nuages glissaient dans le ciel clair. La mer, que le soleil de l’après-midi émaillait d’éclats d’or, léchait les galets de la plage. Des rochers arrondis émergeaient des eaux écumeuses et peu profondes, saturés par le sel et par l’écho vague du chant des sirènes, si l’on croyait à ce genre de choses, contrairement à la fiancée. Mais elle croyait en l’amour et en l’homme qui se tenait devant elle. Le fiancé avait de longs cheveux châtains parsemés de cuivre. Sa barbe, d’une épaisseur impressionnante pour un homme de pas même dix-huit ans, était tressée d’anneaux en métal et de perles de porcelaine, parfumée de résine de pin et d’huile de sauge. Il portait une tunique et un pantalon sombres, un brassard en or et une ceinture de cuir d’où pendait une splendide épée à deux mains à la garde incrustée de rubis. Un objet de famille. Un sourire étira la bouche du fiancé, et ses yeux se mirent à pétiller de joie. Il connaissait sa fiancée depuis la naissance, et cela faisait plus d’une décennie qu’il rêvait de ce jour. Elle était le fil d’or qui parcourait sa vie, qui tenait son passé et son avenir harmonieusement enlacés. La fiancée, cependant, était tendue comme un ressort. Sa longue robe de lin crème perlée d’argent soulignait sa haute et fine silhouette. Son corps était à l’affût. Moitié chasseresse, moitié proie. Le fiancé avait à peine remarqué son trouble. Il était trop accaparé par l’instant présent, par le cri des mouettes et les mots feutrés de l’ancienne qui présidait à la cérémonie. Tandis qu’on prononçait les formules consacrées, leurs mains restèrent jointes. Le ruban rouge avait été tissé à partir de la tunique de la défunte mère du fiancé, afin que, par-delà la mort, elle puisse jouer un rôle dans la cérémonie. D’ailleurs, le fiancé ressentait sa présence, à la fois comme un brouillard spectral à quelque distance et dans la solidité rassurante du ruban. Son cœur enfla douloureusement dans sa poitrine. Étonnante exigence de la mariée : ils échangèrent des armes plutôt que des anneaux. Des couteaux en argent forgés par son frère, aux lames courbes gravées du Valknut. Odin était le dieu préféré du fiancé, il se sentait inexplicablement attiré par l’entremêlement du passé, du présent et de l’avenir, par la boucle perpétuelle de la vie, de la mort et de la renaissance. »
À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !
Il est dans ma wish list 🙂 Bonne lecture si tu te lances.
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Merci beaucoup !
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