Premières lignes (87)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Défier les Ombres », tome 1 de la série « La Brume Assassine » écrit par Katherine Quinn et édité chez Roncière !

La Brume Assassine, tome

« Le soleil ne s’est pas levé depuis des jours et les gens ont commencé à paniquer. Je crains que si le soleil et sa déesse ne reviennent pas, le monde tel que nous le connaissons s’enfonce davantage dans les ténèbres. Lettre de l’amiral Liand au Roi Brion en l’an 1 de la malédiction. Peu de gens savaient que la nuit parlait. Plus rares encore étaient ceux qui savaient comment réagir lorsqu’elle le faisait. En ce moment même, elle me narguait. Les poils se dressèrent sur ma nuque sous l’effet des vents sifflants et de la lune rouge sang, le halo cramoisi présageant le chagrin cruel qui bientôt s’immiscerait dans ma poitrine et s’y logerait. Un juron monta en grondant dans ma gorge, que noyèrent les ronflements incessants de Liam dans la chambre que nous partagions. Rien ne parvenait à réveiller ce garçon, pas même un de mes jurons colorés qui empourpraient les oreilles de mère. Le matin s’apprêtait à poindre, le gazouillis caractéristique d’une ailétoilée filtrant à travers ma fenêtre fêlée. Certains avançaient que les ailétoilées étaient les espions des dieux, mais de mon point de vue, il s’agissait d’oiseaux, rien de plus. L’un de ces volatiles sautilla sur le rebord de ma fenêtre, ses plumes noires scintillant de mouchetures violettes, son bas-ventre duveteux d’un bleu éclatant. Il me fixa de ses yeux sombres et perçants avant de prendre son envol, son chant mélodieux dans son sillage. Apparemment, ma personne ne valait pas que l’on se donne la peine de l’espionner. Je reportai mon attention sur mon giron, ma dague préférée reposant dans ma main gantée. Tandis que je faisais tournoyer la poignée, je maudis Raina, notre glorieuse déesse du soleil oubliée. Si elle ne nous avait pas laissé pourrir dans la nuit, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Ils ne seraient pas sur le point de prendre Liam. Eux…Ces satanés Chevaliers de l’Étoile éternelle. Ils allaient surgir dans notre village et enlever tous les garçons aptes, en les forçant à voyager dans les terres maudites…Dans la Brume. Un endroit où aucun mortel n’oserait s’aventurer. Après le départ de la déesse Raina, la Brume s’était répandue à la manière d’une maladie incurable, et depuis, notre roi arrogant se battait pour trouver un remède. Les récoltes s’avérant mauvaises et les gens affamés, il lui fallait découvrir une solution et le temps jouait contre lui. Une solution qu’il croyait pouvoir trouver là où la mort s’épanouissait. Je le prenais pour un imbécile, tout simplement. Il est dangereux de posséder un trésor tel que l’espoir. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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