Premières lignes (80)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « La Lumière qui nous Aveugle », écrit par Andy Darcy Theo et édité chez De Saxus !

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« Les parents d’Alexis Michaels étaient persuadés que leur fils ne savait pas ce qu’il faisait quand il avait essayé de noyer son psy. Ils avaient tort. Alexis avait parfaitement conscience de son geste. Non pas qu’il veuille tuer qui que ce soit, il n’avait que 6 ans, mais malgré son jeune âge, Alexis était depuis longtemps habitué à faire des choses dont il n’avait pas envie. Et il était prêt à tout pour que l’Homme-Ombre se taise. Le Dr Carl Dash ignorait tout cela quand il s’était présenté pour une consultation psychiatrique avec un petit garçon qui souffrait de cauchemars. Comme lors de toutes ses évaluations, il avait commencé par chercher un mot pour décrire le patient. Il s’agissait d’une méthode dépassée, sans doute, mais le Dr Dash estimait savoir comment cerner une personnalité. De toute façon, il n’allait pas changer maintenant, au bout de trente-sept ans de métier. Les gens n’étaient pas aussi compliqués qu’ils aimaient à le croire. Il l’ignorait, à ce moment-là, mais le petit garçon face à lui faisait exception à cette règle. Ses cheveux foncés retombaient en boucles indisciplinées sur son front bronzé et masquaient une bonne partie de ses yeux et de son visage. Il se tenait sur le seuil de la maison, la tête levée vers le Dr Dash. Avant que l’enfant puisse répondre, le murmure glacé de l’hiver se transforma en un rugissement et balaya Valerian Lane, une impasse située dans une banlieue au charme désuet. Le Dr Dash frissonna et enfouit son menton dans son écharpe tout en ramenant son long manteau en laine sur sa poitrine. Le petit garçon, en revanche, demeura immobile. Il attendit simplement que le vent s’en aille avant de répondre. Il écarta ses cheveux de ses yeux, ce qui permit au psychiatre de découvrir leur couleur. La pupille était entourée d’un anneau bleu glacial, lui-même enfermé dans un épais cercle noir comme de l’obsidienne. Hétérochromie centrale, se dit le docteur. Voilà qui était rare. Il n’avait jamais vu quiconque avec de tels yeux. Ils étaient aussi beaux que troublants, comme le sont toutes les choses anormales. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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