Premières lignes (75)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Un Éclat dans la Brume », écrit par Aarwen Ordan et édité chez Bookmark !

Un Éclat dans la Brume

« Voyager avait toujours été ma passion, aller d’un continent à un autre, d’un pays surpeuplé à un plutôt désertique. Des petits marchés de Thaïlande au fin fond de l’Australie qui attirait les chercheurs d’or. De la folie de New York aux côtes brésiliennes seulement connues des locaux. Des villages irlandais, où les anciens ne parlaient qu’en gaélique à Ibiza, où l’ostentatoire était le maître-mot. Oui, j’adorais partir avec un sac sur le dos plusieurs semaines par an, accompagné de Donovan, mon meilleur ami depuis le collège. C’était notre truc, un des seuls que nous avions en commun en fait, à tel point que nous nous demandions souvent sur quoi reposait notre amitié. Pourtant, rares étaient les jours où nous ne prenions pas de nouvelles l’un de l’autre. Dorénavant, il était un homme rangé, tout juste marié à la belle Alexia qui était déjà maman de deux garçons. Donovan les considérait comme ses propres enfants et j’étais heureux pour cette petite famille. Je lâchai des yeux les photos qui décoraient le mur de l’entrée pour revenir à l’instant présent. Rêvasser allait finir par me mettre en retard. J’attrapai ma veste en cuir, mon casque et mes clés. Le soleil me motivait toujours pour aller travailler. Ça, et la paie qui tombait chaque mois. Bon, l’adrénaline des services bondés me plaisait aussi, en particulier l’été avec les touristes qui envahissaient la côte, pressés de manger pour vite retourner se faire dorer sur le sable. Ce n’était plus le cas désormais. Octobre était arrivé, amenant avec lui les jours de grisaille et la pluie. C’en était fini des vacanciers, ne restaient que les résidents à l’année. C’était agréable de retrouver les habitués, ces têtes connues et les commandes possibles à deviner, bien que je n’aie été embauché que l’an passé. J’aimais changer de ville, de boulot, rester au même endroit trop longtemps ne me plaisait pas. La sédentarité n’était pas faite pour moi. Ma seule constante, c’était mes mois de mai avec Donovan. Quoique, je commençais à bien me faire à ma vie dans le sud du pays. Les températures étaient agréables, mon travail sur la côte n’était qu’à une petite demi-heure de route de chez moi, je pouvais profiter de la plage après mes services en été comme en hiver…Pour le moment, partir de la région n’était pas au programme, ce qui pourrait néanmoins changer sous peu. Ma mère me surnommait parfois la girouette. Ça faisait des années qu’elle ne prononçait plus mon prénom. Pour elle, Ethan était devenu « mon oiseau », quand elle ne rajoutait pas « migrateur » derrière. Ma petite sœur trouvait ça hilarant, mon père, un peu moins. Lui rêvait que je me pose enfin, que je trouve un emploi stable, que je fasse pareil que lui, même travail depuis trente-cinq ans, crédit de la maison remboursé, une femme, deux enfants…La petite vie « parfaite ». Un coup d’œil sur mon téléphone et mon cœur s’accéléra en voyant l’heure affichée. Dix heures trente-cinq ! Mon service au restaurant débutait à onze heures, Sonia allait me taper sur les doigts ! Je zappai l’ascenseur, n’ayant pas le temps de l’attendre, et dévalai les trois étages le plus rapidement possible. J’allais devoir conduire un peu plus vite. En soi, ça ne me posait pas de problème, la vitesse était mon amie. J’aimais largement moins les radars, la police et les points en moins sur mon permis. Il ne m’en restait que sept, à force de me faire pincer. Le jeu du chat et de la souris ! Sauf que la souris se faisait avoir un peu trop souvent…C’étaient les règles. Ils les appliquaient et moi, je désobéissais. J’avais toujours excellé dans ce domaine d’ailleurs, depuis l’enfance. L’école n’était pas mon fort. Je n’avais jamais été insolent, mais je ne faisais pas mes devoirs, ce qui agaçait mes professeurs…Et mes parents. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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