Premières lignes (21)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Le Sorcier des Plaines », tome 1 de la série « Adam Binder », écrit par David R. Slayton et édité chez Milady !

Adam Binder, tome 1 : Le Sorcier des Plaines

« Annie se pencha sur la poussette vide, l’air ravi et émerveillé. Robert s’approcha à petits pas, le dos voûté pour paraître plus petit et le moins menaçant possible, comme il le faisait quand il devait gérer des patients désorientés. Chaque grossesse avortée avait renforcé cet état de stupeur, jusqu’à ce qu’Annie sombre dans la dépression. Tristesse et mélancolie s’étaient insinuées dans la maison. Robert redoutait les lettres du syndicat de copropriété. Sa mère était censée surveiller Annie, pour qu’elle ne sorte pas. Robert bouillonnait, mais il s’obligea à se calmer, à se concentrer sur son épouse. Robert posa la main sur l’épaule de sa femme, espérant qu’en appuyant assez fort il parviendrait à la ramener à la réalité. Elle était si frêle, si fragile, qu’il avait peur de lui faire mal. Le soleil lui était sans doute bénéfique, mais elle ne mangeait pas assez. Il parlerait à sa mère, s’assurerait qu’Annie prendrait suffisamment de vitamine D. Il lui fallait des épinards, du kale, des aliments riches en fer…Robert se força à arrêter là son diagnostic. L’état d’Annie n’était pas dû à un mauvais régime ou à des carences nutritionnelles. On récolte ce que l’on sème. Ce n’était que justice, il le savait. Adam avait parlé à des gens invisibles pendant toute son enfance. Ça avait été si facile de convaincre leur mère de signer les papiers, de faire interner Adam, de mettre les voiles et de recommencer à zéro ailleurs. Oui, mais voilà, Annie était sa femme. Des larmes lui montèrent aux yeux. Au moins, les vieilles marcheuses avaient tourné à l’angle de la rue. Il pouvait garder Annie chez eux encore un peu. Elle avait besoin de temps, voilà tout. Elle ne représentait un danger pour personne. Adam non plus, murmurèrent ses pensées. Robert ferma les yeux pendant quelques secondes et somma le passé de rester à sa place. Robert sursauta dans un cri de surprise. Alors qu’il reculait, il buta contre le rebord du trottoir et tomba sur les fesses. Il passa outre la douleur tandis qu’Annie soulevait une masse rouge et visqueuse de l’intérieur de la poussette. Du sang tacha ses manches lorsqu’elle pressa la chose contre son cœur. Le liquide épais ruissela sur ses bras, lentement, comme de la peinture coulant d’un pot. Elle avait peut-être trouvé un chat ou un petit chien heurté par une voiture. Ça ne pouvait pas être un enfant, un bébé. La forme ne convenait pas, elle était bizarre, comme malformée. C’était plus une masse qu’un corps. Pourtant, elle palpitait. On entendait de très faibles pulsations cardiaques. Cette chose était en vie, même si c’était impossible. »

J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un œil et je vous dis à la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes…

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