Premières lignes (7)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « La Fille de la Déesse de la Lune », écrit par Sue-Lynn Tan et édité chez Stardust !

La Fille de la Déesse de la Lune

« Il existe bien des légendes sur ma mère. Certaines disent qu’elle a trahi son mari, un grand guerrier mortel, en lui volant son élixir d’immortalité pour pouvoir devenir une déesse. D’autres la dépeignent comme une victime innocente qui aurait avalé cet élixir pour empêcher des voleurs de s’en emparer. Quoi qu’il en soit, ma mère, Chang’e, est devenue immortelle. Et moi aussi. Je me souviens du silence qui régnait dans notre demeure. Avec ma mère et notre fidèle servante du nom de Ping’er, nous étions seules à résider sur la Lune. Nous vivions dans un palais de pierres blanches resplendissantes, aux colonnes de nacre et à l’immense toit d’argent pur. Ses vastes pièces étaient remplies de meubles en bois de cannelle au parfum épicé qui emplissait l’air. Au cœur d’une forêt d’osmanthes blancs trônait un unique laurier offrant des graines lumineuses au scintillement éthéré. Ni le vent, ni les oiseaux, ni même mes doigts ne pouvaient les cueillir, elles se cramponnaient aux branches aussi fermement que les étoiles au ciel. Ma mère était aimante et douce, quoiqu’un peu distante, comme si une immense douleur avait engourdi son cœur. Chaque nuit, après avoir allumé les lanternes pour éclairer la Lune, elle se tenait sur notre balcon afin d’observer le monde mortel d’en dessous. Parfois, je m’éveillais juste avant l’aube et la trouvais toujours au même endroit, les yeux perdus dans ses souvenirs. Incapable de supporter la tristesse de son regard, je la prenais dans mes bras, ma tête arrivant tout juste à sa taille. Elle tressaillait à mon contact, comme sortie d’un rêve, avant de me caresser les cheveux et de me ramener dans ma chambre. Son silence m’inquiétait, je craignais de l’avoir contrariée, même si elle perdait rarement son sang-froid. Ce fut finalement Ping’er qui m’expliqua que ma mère n’aimait pas être dérangée dans ces moments-là. »

J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un œil et je vous dis à la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes…

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