Premières lignes (3)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Les Chevaliers de Sombrecœur », écrit par Laure Eve et édité chez De Saxus !

Les Chevaliers de Sombrecœur

« L’apprentie chevalière Lillath de Senzabourg racle le sol du pied vers l’arrière, du gravier s’accumulant en tas contre son talon. Le bruit des cailloux se perd dans le vrombissement discret du bâtiment terne derrière elle. L’édifice abrite un relais d’alimentation, un monstre d’électricité frémissante emprisonné dans de la pierre épaisse. C’est l’un des très nombreux que l’on trouve dans des terrains vagues comme celui-ci, éparpillés dans toute la largeur et les profondeurs de Londres. Le mollet fin de Lillath se tend visiblement tandis qu’elle transfère son poids en arrière et lève avec précaution son pied, centimètre par centimètre. À côté d’elle se tient Lucan, un autre apprenti chevalier, les bras croisés et le visage froncé d’un air professoral. Leur ami le plus proche, Art, les regarde avec une expression amusée, affalé sur un fauteuil devant eux. Lillath possède le genre de confiance en soi dont la plupart rêvent, et assez de charme pour arrondir ses angles. Son trait de caractère le plus constant est qu’elle semble toujours savoir ce que chacun pense, imposant autour d’elle un degré d’honnêteté aussi agaçant qu’admirable. La minutie de Lucan s’applique jusque dans sa vision de la vie. Il anticipe avec deux coups d’avance tous ceux qui le sous-estiment du fait de sa courte taille et de sa nature discrète. Quelques exigences très spécifiques doivent être remplies pour qu’il se sente à l’aise, mais c’est un petit prix à payer pour les talents qu’il offre au monde. Art regarde ses deux amis faire une pause dans leur démonstration. Il sait ce qu’ils ont en tête. Cela se lit sur leurs deux visages, et pendant un moment il s’imagine qu’il voit vraiment le mince fil de pensée qui les unit contre lui. Cela doit être agréable, songe-t-il, de ne pas se sentir seul. »

J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un œil et je vous dis à la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes…

4 réflexions au sujet de « Premières lignes (3) »

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