Zhaodi – Morgane Stankiewiez et Sarah Buschmann

Éditeur : Livr’s

Date de sortie : 10 mars 2026

Page : 300

Prix : 18€

La note de Julia : 10/10

Résumé

Chine, 2015. Deux âmes perdues, un père et sa fille, se retrouvent après des années d’absence pour des funérailles. Celles de la mère. Celles qui rouvrent les plaies d’un passé que tous deux auraient préféré oublier…

L’avis de Julia

Un roman aussi sombre que réaliste !

Tout d’abord, merci aux éditions Livr’s pour ce partenariat.

Sous le charme de cette couverture, il me fallait absolument le découvrir et j’en suis ressortie profondément touchée.

On pourrait le catégoriser en tant que roman horrifique, pourtant, ce n’en est pas un, puisque tout ce qui s’y déroule, aurait pu avoir lieu, a même d’ailleurs existé pour certains éléments, une preuve de plus que parfois, l’Homme est bien souvent suffisant lorsque l’on souhaite montrer le pire, il n’y a pas besoin de chercher à faire plus, tant ce dont il est responsable est abominable. C’est dans une Chine au cœur de la politique de l’enfant unique, que nous plongeons, une loi effroyable, qui a été le symbole d’actes non moins épouvantables, de la part du gouvernement, contre ceux qui avaient le malheur de tenter de la contourner, autant que de ces parents qui ont commis l’irréparable lorsque leur premier né était malheureusement une fille. Une loi qui sera le point de départ d’un enchaînement dramatique, celui de la vie de Zhaodi, née avec le mauvais sexe, elle souffrira pour toujours des décisions de son père, de la haine de cette mère qui n’a jamais voulu d’elle et de toutes les épreuves qui viendront assombrir son parcours, de la plus terrible des manières. Autant de sujets qui prennent aux tripes, dont la noirceur poisseuse vient nous coller à la peau, nous plonger dans les abîmes d’un pays capable du pire, d’avoir abandonné ses ouvriers, ses agriculteurs, mais aussi d’exécuter ses prisonniers, ses opposants politiques, pour en extraire les organes à destination de greffes, autant de tragédie qui pourront pousser les plus démunis dans les bras de certaines sectes. Parce que lorsqu’il n’y a plus aucun espoir, certaines personnalités se révèlent dans l’obscurité, elles deviennent tout ce en quoi nous pouvons croire, la seule personne capable de comprendre votre désarroi, de vous offrir l’issue dont vous avez tant besoin et c’est la porte ouverte aux plus abjectes des dérives, celles qu’aucun de nous ne voudrait imaginer. Un récit éprouvant donc, parce que ce qu’il véhicule est indéniablement réaliste, que les scènes dont nous serons témoins sont effroyables, que le destin de notre héroïne ne sera enviable à aucun moment, elle qui va retrouver ce père qui n’a jamais été à la hauteur, à l’occasion de la mort de cette mère qui l’a toujours détestée, peut-être la chance de tourner la page ou au contraire, celle de faire face au monstre caché dans son passé. Ainsi, Morgane Stankiewiez et Sarah Buschmann nous offrent un parcours dont elles seules ont le secret, qui nous plonge dans les tréfonds de la noirceur humaine, dans tout ce dont elle est capable de plus abominable, au cœur de l’innocence même, ces enfants marqués au fer rouge, dont l’issue tragique ne peut qu’être un soulagement.

« La douleur n’est plus tout à fait une ennemie. Elle est cette sœur, qui l’étreint dans ses sanglots, lui susurre à l’oreille qu’elle ne peut qu’aller mieux. »

En bref : Zhaodi, c’est un thriller sur les traces d’un bourreau, celui d’un passé enfoui qui resurgit suite à la perte d’une mère qui n’en a que le nom, une enquête qui nous plongera dans une Chine terrifiante dans l’inhumanité de ses lois, de ses décisions, un gouvernement qui a ouvert les portes aux dérives les plus abjectes, laissant derrière elles des victimes innocentes, des enfants qui n’ont rien demandé à personne et qui se sont trouvés victimes collatérales, marquées à jamais dans leur chair, autant que dans leur esprit !

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