Premières lignes (150)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Les Wycherley », écrit par Annaliese Avery et édité chez Michel Lafon !

« Grand-Tante Antoinette était morte, mais la malédiction qu’elle avait portée tout au long de sa vie était plus vive que jamais. Je n’en étais toutefois pas encore consciente au moment où je me tenais dans les jardins d’Hemlock Square, à attendre que ma magie se manifeste. Je venais d’avoir dix-sept ans, et la Lune du Tonnerre était aussi pleine et aveuglante que mon ignorance béate. J’aurais dû être terrifiée, mais au lieu de cela j’étais pleine d’excitation…Et d’espoir. Nous, les Wycherley, sommes de puissants sorciers dont la lignée remonte à la Première Ère de la magie, j’étais certaine de devenir tout ce qu’une sorcière Wycherley se doit d’être. Ma magie s’immisça alors en moi, m’élevant dans les airs. Le pouvoir vibra à travers tout mon corps, et je me sentis plus vivante que jamais, connectée au monde et à tout ce qui le constitue. Lorsque la douleur se fit ressentir, je crus d’abord que cela faisait partie de la magie, même lorsque je me mis à hurler jusqu’aux étoiles. J’ignorais à cet instant-là que Grand-Tante Antoinette ne faisait plus partie de ce monde. J’ignorais que la malédiction qu’elle avait portée sa vie entière était désormais libre de rechercher une nouvelle Wycherley à maudire. Libre de me maudire, moi. Au commencement de la Troisième Ère de la magie, plus d’un siècle et demi plus tôt, mon ancêtre Mathilde Wycherley avait été maudite par son Lié, Heston Nightly. C’était une malédiction puissante et héréditaire qui ne disparut pas avec Mathilde, mais se transmit aux femmes Wycherley à travers les générations. L’une de nous devrait toujours porter en elle la malédiction…Jusqu’à ce que notre lignée disparaisse. Ma famille était là, lorsque c’est arrivé, mon grand frère Vaughn, notre mère Nell et sa Liée Frances, qui se tenait à ses côtés. Ils durent tous assister, impuissants, à ma douleur et regarder la malédiction s’emparer de moi. De douces volutes grises, semblables à de la brume vaporeuse, m’encerclèrent, s’épaississant et s’assombrissant sous la lumière de la pleine lune. Elles se refermèrent sur moi alors que je m’élevais toujours plus haut dans les airs, comme si ma magie savait ce qui allait arriver et tentait de me mettre hors de portée. Mais la malédiction m’a étouffée. J’ai tenté de crier, aucun son ne sortait de ma bouche. C’était comme si les tentacules de fumée étaient vivants. De petits crochets tranchants plongèrent sous ma peau, s’accrochant à moi, me consumant, creusant leur chemin en moi comme des vers affamés. Vaughn prétend que mes cheveux ont viré au blanc d’un coup sous le choc, mais Mère assure que c’était bien plus graduel, comme si la couleur noisette de mes mèches avait été repoussée par la malédiction. Je n’avais rien remarqué. En revanche, j’avais ressenti une douleur intense dans mes yeux, alors qu’ils s’emplissaient de la brume grise qui allait désormais devenir une partie de moi. Alors que mon corps redescendait jusqu’au sol, je sentis la magie frémir sous ma peau. La joie de sentir mon pouvoir s’éveiller en moi me submergea, faisant disparaître la douleur en un instant. C’était comme si le monde venait de s’ouvrir à moi, m’offrant la promesse de possibilités infinies. Mais un seul regard en direction de ma famille m’indiqua que quelque chose clochait. Je me sentis aussitôt trahie par ma magie. Cette force qui vibrait avec tant d’intensité en moi, cette magie si puissante qui pourtant me condamnait. Je n’allais pas pouvoir la garder bien longtemps, la magie doit être liée pour perdurer, or aucun sorcier n’accepterait de lier sa magie à la mienne et de porter, ne serait-ce qu’un instant, le poids de ma malédiction. Cette magie que j’avais tant attendue et espérée me quitterait au bout de quelques petites années. Et tout cela à cause d’un sorcier nommé Nightly. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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