Premières lignes (149)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « L’Envol des Sables », écrit par Aurélie Luong et édité chez Argyll !

« D’aussi loin que je me souvienne, il a été là, mon agma, mon plus-que-frère. Ma mère m’a conté qu’il se tenait déjà près de moi à ma naissance, couvert de bleus, mutique, et que quelque chose a changé chez lui au moment où j’ai attrapé le doigt qu’il me tendait. J’ignore jusqu’où remonte ma mémoire, mais il peuple tous mes jours d’insouciance. Les liens avec un frère que l’on se choisit nouent l’âme bien plus fermement que le sang et le lait. Je suis le dernier-né, alors que je faisais mes premiers pas, mes aînés emplissaient notre tente de leur absence, occupés qu’ils étaient à surveiller nos chevaux ou à razzier les clans rivaux. C’est avec lui que j’ai grandi, c’est lui qui m’a écouté et compris, lui qui a appris à sourire à mes côtés. Lui qui m’a guidé quand j’ai versé mon premier sang sur le sable du désert, lui dont j’ai admiré la dextérité alors qu’il n’était qu’un enfant. Lui qui m’a donné pour la première fois envie de tuer froidement, tandis que je le voyais se faire écraser pour devenir plus fort. Lui à qui j’ai failli en ravalant ma rage, quand il commettait l’irréparable. Lui à qui j’ai juré, au plus profond de mon cœur et dans le secret des dieux, d’offrir la liberté. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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