Premières lignes (145)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Des Ailes d’Or et de Bronze », écrit par Juliette Blondeau et édité chez Js !

« Alamea s’avança, ses longs cheveux blancs rivalisant d’éclat avec les ailes des Tharsiens. Tous retinrent leur souffle, soit par peur de la jeune femme, soit par peur de la maladie qu’elle approchait. Un courant glacé traversa la colonne vertébrale de la guerrière. Elle enroula sa main autour de son épée, prête à dégainer. Certains pensaient Alamea responsable de la noséa. D’autres la prenaient simplement pour un démon. Elleithya elle-même ignorait ce qu’était Alamea, mais elle savait ce qu’elle n’était pas : un monstre capable d’une telle ignominie. Pourquoi Haden avait-il tant tenu à la garder auprès de lui ? Pourquoi n’était-elle semblable à nul autre ? Alamea effleura précautionneusement la plaie noirâtre et putride. Haden se tendit dans le dos d’Elleithya, mais rien ne se produisit. L’Aelis relâcha alors sa garde, laissant la conseillère examiner le blessé. Qui hurla brusquement. Ce cri se réverbéra dans le crâne d’Elleithya comme un chant de regret. Elle comprit son erreur, trop tard. L’homme s’effondrait déjà à terre, le dos déchiqueté. Une substance noire s’écoula de ses plaies. Un bruit immonde d’articulation brisée retentit dans toutes les Hauteurs Sacrées. Le soldat se redressa, semblable à une masse informe, sans vie, et tendit sa gueule dégoulinante de sang noir et or en direction d’Alamea. Elleithya s’élança. Elle dégaina son épée et poussa Alamea tout en frappant en pleine poitrine la masse noire qui s’élevait devant elles. La lame traversa la chair sans provoquer aucune réaction. La panique s’empara des muscles de la guerrière. Son cœur battait dans ses tempes. Elle avait déjà combattu des morts réveillés par la noséa, mais jamais il ne s’était agi d’Aelis. Elleithya écarquilla les yeux en voyant que sa lame ne pouvait rien pour les défendre. Elle saisit alors Alamea par le bras et recula le plus vite qu’elle put pour l’éloigner. Un frisson traversa le sang d’Elleithya. Elle ignorait quoi faire. S’envoler ? Non, elle ne pouvait pas laisser Haden. L’affronter ? Impossible ! Pourquoi les hommes d’Arika ne réagissaient-ils pas ? De la sueur perla sur son front. Elle se sentait impuissante. Sa gorge se serrait, étouffant ses poumons. La masse s’éleva encore, menaçante, prête à fondre sur Alamea. Ellei lâcha son épée, qui s’enfonça dans la chair flasque. Les muscles tendus, elle ne trouva qu’une chose à faire lorsque le monstre s’abattit sur elles, se tourner et protéger Alamea avec son propre corps. Son serment pulsait dans ses veines, lui brûlait la peau. Elle avait juré de protéger Haden, Héméria et tous ses habitants. Le silence la percuta alors qu’Elleithya tombait en avant, les ailes repliées dans le dos, Alamea contre sa poitrine. Son épée glissa hors du corps et ricocha sur les pavés. La douleur fusa dans son dos. Elle hurla. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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