Premières lignes (116)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « La Cour de l’Hiver », tome 1 de la série « Les Secrets du Givre et de la Neige », écrit par Krista Street et édité chez Bookmark !

« Sans attendre qu’elle proteste, je partis en trottinant. Son soupir bruyant me suivit, mais comme je ne la retenais plus, elle prit son envol. Ses ailes noires la soulevèrent sans effort du sol, et elle parcourut la distance restante jusqu’à la porte d’entrée de notre maison. En quelques secondes, elle était à l’intérieur, et mon estomac se noua, sachant que sans moi, elle serait rentrée depuis des heures. Je serrai les lèvres et me dépêchai de piétiner les quinze centimètres de neige fraîche qui recouvraient le sol, tandis qu’un engourdissement se propageait dans mes orteils. De grands bruits provenaient de l’intérieur de notre maison, et une lumière émanait des fenêtres arrière. Cailis empilait du bois dans le feu, et grâce à l’un de nos voisins qui nous avait donné un fragment de son affinité élémentaire de feu, elle l’avait fait rugir en quelques secondes. Ensuite, elle fouilla dans les placards de la cuisine, probablement à la recherche de quelque chose à manger. Je m’arrêtai près de l’abri au fond et sortis quelques outils de jardinage. Je savais que cela pouvait probablement attendre jusqu’au matin et que Cailis pensait que je n’étais là que pour apaiser ma culpabilité, mais j’avais le pressentiment que c’était le bon moment pour récolter les acorlis. Si on les arrachait juste au bon moment, ces racines épaisses avaient une douceur inégalée. La porte de l’abri protesta lorsque j’essayai de l’ouvrir malgré la neige qui s’accumulait. Il fallut plusieurs tiraillements, mais bientôt, j’avais plusieurs outils lourds dans les bras. Ils s’entrechoquaient et vibraient dans mes paumes alors que je les hissai sur mon épaule. Des nuages menaçants, indigo et bleu marine, tourbillonnaient au-dessus de ma tête. Une tempête approchait en effet, car le ciel au nord s’assombrissait à chaque seconde qui passait. Mais la richesse de mon jardin, qui m’attendait juste devant, apaisa mon anxiété face à l’hiver imminent. Je franchis le bord de mon champ, et une légère onde de magie effleura ma peau, comme un vieil ami qui dit bonjour. Autour de moi, mes cultures brillaient dans un arc-en-ciel de couleurs, vert émeraude, bleu pervenche vif, orange brûlé, magenta éclatant et jaune ensoleillé. Chaque légume, fruit, grain et plante prospérait dans la terre riche bénie par l’orem de notre terre gelée, et en voyant mes plantations, j’eus l’impression d’être enfin chez moi. En passant mes mains sur les pétales doux d’une plante à baies, j’en arrachai une feuille et examinai les fines veines qui s’y entrelaçaient. La feuille se pliait facilement dans ma paume, ce qui signifiait qu’elle serait prête à être récoltée dans quelques jours. Une odeur m’envahit aussitôt, des clous de girofle et du tabac. Je me raidis et laissai tomber la feuille. Elle flotta jusqu’au sol alors que plus de neige continuait de tomber du ciel, mais la magie prospère de mon jardin faisait en sorte que la plupart des flocons s’évaporaient avant de toucher la terre. Ma respiration s’accéléra. Je détestais l’idée de le confronter, mais si je ne le faisais pas, il me suivrait jusqu’au fond de mon jardin où je serais seule, sans magie, à sa merci. Ce ne serait pas la première fois. Je me retournai lentement pour lui faire face. Le teint lisse de l’archon de mon village me rappelait toujours mon blé au printemps. Ses yeux bleu froid cachaient un cœur de glace, et ses ailes noires, musclées et tannées, étaient si grandes qu’elles traînaient quasiment jusqu’au sol. Comme tous les autres faes solis, il avait des cheveux presque blancs. Dans la lumière mourante de la tempête imminente, ils brillaient d’un léger éclat argenté. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

4 réflexions au sujet de « Premières lignes (116) »

  1. Coucou
    Alors je vais être franche ce début ne me donne pas envie du tout. Le style d’écriture ne me plaît pas. Pourtant la couverture semblait prometteuse.
    Si tu le lis je serai curieuse de ton avis cependant. Parfois le début n’est pas suffisant pour se faire une idée réelle.
    Bonne lecture

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