Premières lignes (104)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Hotshot », écrit par Phœnix B. Asher et édité chez Hugo !

« Les yeux fixés sur l’écran de la télévision, je m’acharne sur la manette de Xbox que j’ai entre les mains. Je ne sais pas pourquoi, Salem me bat toujours à ce jeu. Comme à la plupart des jeux d’ailleurs. Elle dit souvent qu’elle est allée à bonne école avec Boston, mais on sait tous les deux qu’elle a dépassé son frère dans ce domaine depuis longtemps. Assis à la table derrière nous, Boston ricane. Je lui jette un regard noir. Elle va m’éclater même si je me concentre, pas la peine de retourner le couteau dans la plaie. C’est complètement faux, Salem est bien meilleure que moi. Cela dit, même si je pouvais la battre, je ne le ferais pas. Elle et Boston sont devenus en trois ans la sœur et le frère que j’ai toujours rêvé d’avoir. Je suis reconnaissant que ces deux-là se soient retrouvés par hasard sur mon chemin. Je n’avais jamais vraiment eu d’amis avant, mais maintenant, j’ai trouvé une famille. Je suis d’ailleurs souvent chez eux quand Maman enchaîne les gardes à l’hôpital où elle bosse comme infirmière. Les parents de Sally et Boston m’ont accueilli à bras ouverts, et c’est beaucoup mieux que de rester seul dans une maison vide à manger des plats surgelés. Au début, j’ai envié mes amis d’avoir leurs deux parents. Mon paternel nous a fait déménager aux États-Unis sur un coup de tête quand j’avais sept ans. Il n’a pas tenu quinze jours avant de se barrer en Irlande à nouveau, nous laissant comme des cons avec ma mère. Heureusement, elle a grandi dans ce pays. Ça n’a pas été difficile pour elle de trouver un job. Joindre les deux bouts, en revanche, a été beaucoup plus compliqué. Alors, voir M. et Mme O’Connell toujours ensemble et comblés, ça a été un coup dur pendant quelques mois. Avec le recul, j’aime la relation que j’ai avec ma mère. Elle sait que je serai toujours là pour elle, et inversement. On se serre les coudes dans les moments difficiles, qui sont plus fréquents qu’elle le souhaiterait. Mais on est heureux. C’est bien tout ce qui compte. Aujourd’hui, j’ai juste l’impression d’avoir une seconde famille chez qui me réfugier quand j’en éprouve le besoin. Comme un oncle et une tante, même si Boston et Salem sont plus que des cousins. Ce que je préfère désormais, ce sont les moments où M. O’Connell nous raconte ses journées en tant que pompier. La première fois, je me suis laissé absorber par son récit. J’aurais pu l’écouter parler pendant des heures. Boston est tout aussi fasciné que moi. Il y a trois ans, j’ai trouvé une famille et une vocation que je partage avec mon meilleur ami. Notre seizième anniversaire n’arrivera jamais assez vite. Même si nos mères ne sont pas très enthousiastes à l’idée que nous nous engagions en tant que jeunes pompiers volontaires, elles savent aussi que ça sera dur de nous faire changer d’avis. À côté de moi, Salem explose de joie en brandissant sa manette. Elle saute sur les coussins du canapé et se dandine dans tous les sens. Je lève les yeux au ciel sans pouvoir m’empêcher de rire. C’est sa danse de la victoire, et on y a droit à chaque fois qu’elle nous bat. Souvent, donc. »

À la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes !

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