Premières lignes (29)

Dans ce rendez-vous hebdomadaire, organisé par Ma Lecturothèque, je vous ferai part des premières lignes de romans qui me font considérablement envie…


Pour cette semaine, j’ai décidé de vous présenter les premières lignes du roman « Une Ombre dans la Braise », écrit par Jennifer Armentrout et édité chez De Saxus !

Une Ombre dans la Braise

« Je pris une autre inspiration, profonde et mesurée, reconnaissant à peine la personne qui me renvoyait mon regard. Même dans la lumière douce et dansante des nombreux chandeliers disposés dans la petite pièce, ma peau était si rose que j’avais du mal à distinguer les taches de rousseur qui constellaient mes joues et l’arête de mon nez. Certains auraient dit que je rayonnais, mais le vert de mes iris était trop brillant, enfiévré. Parce que mon cœur battait toujours trop vite, je retins mon souffle encore une fois, comme Sire Holland me l’avait enseigné lorsque montait la sensation de ne plus pouvoir respirer. Inspire, lentement et régulièrement. Bloque ta respiration jusqu’à ce que tu sentes ton cœur ralentir. Expire. Bloque. Aujourd’hui, sa méthode ne fonctionnait pas. On m’avait brossé les cheveux jusqu’à ce que mon cuir chevelu soit en feu. Ma chevelure blond pâle était à moitié relevée et retenue sur mon crâne de sorte que la masse de mes boucles cascade dans mon dos. La peau de mes épaules et de mon cou était également empourprée, conséquence sans doute du bain parfumé dans lequel on m’avait fait tremper pendant des heures un peu plus tôt. C’était peut-être la raison de ma respiration laborieuse. L’eau était si lourdement additionnée d’huiles florales que je devais embaumer comme si je m’étais noyée dans la badiane et le jasmin. Parfaitement immobile, je pris une longue et profonde inspiration. Après le bain, on m’avait épilée presque jusqu’à ce que mort s’ensuive. À coups de pince et de cire dans les endroits les plus extravagants, et seul le baume qu’on m’avait appliqué sur les jambes et les bras et, semblait-il, tout ce qui se trouvait entre les deux, avait apaisé la brûlure. Une fois de plus, je bloquai ma respiration, résistant à l’envie de baisser les yeux sur mon corps. Je savais déjà ce que je verrais, et cela représentait…Eh bien, presque tout. La robe, si l’on pouvait la qualifier ainsi, était constituée d’une pièce de mousseline de soie et quasi rien d’autre. Les manches, d’à peine quelques minuscules centimètres, reposaient sur le haut de mes bras et le fin tissu couleur ivoire avait été drapé et enroulé souplement sur mon corps, puis sa longueur bouillonnait à mes pieds. Je détestais la robe, le bain et tous les soins qui s’étaient ensuivis, même si je comprenais leur utilité. Je devais être attirante et séduisante. Quand un frou-frou de jupes se rapprocha, je relâchai lentement mon souffle. Le visage de ma mère apparut dans la glace. Nous n’avions rien de commun. Je ressemblais à mon père. Je le savais grâce à l’unique portrait restant de lui que j’avais contemplé tant de fois que je ne pouvais pas ignorer qu’il avait, lui aussi, des taches de rousseur, et que la ligne de sa mâchoire était aussi volontaire que la mienne. J’avais aussi ses yeux, non seulement de la même couleur, mais également légèrement en amande. Ce portrait, caché dans les appartements privés de ma mère, était le seul aperçu que j’avais pu avoir du visage de mon père. Les yeux brun foncé de ma mère croisèrent brièvement les miens dans le miroir, puis elle entreprit de tourner autour de moi, la couronne de feuilles d’or posée sur sa tête étincelant dans la lueur des bougies. Elle m’examinait, cherchant le cheveu qui n’aurait pas été à sa place, le poil superflu, le défaut ou le signe indiquant que je n’étais pas la parfaite épouse minutieusement préparée. Le prix qui avait été promis deux siècles avant ma naissance. »

J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un œil et je vous dis à la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles premières lignes…

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